12/03/2007

"Amnesty International"

"Dans ce premier roman parfaitement maîtrisé, Joseph Ndwaniye traduit sa trajectoire personnelle d'exilé rwandais avec sensibilité et sobriété. Sans s'appesantir en accusations et règlements de comptes, il dresse un portrait détaché et humain de l'après-génocide. Persuadé que seuls le temps et le dialogue panseront les plaies du Rwanda, il renvoie à l'humanité entière l'impérieux devoir d'empêcher la roue de l'horreur de se remettre à tourner."

GB, Amnesty International,  5 mars 2007

 

http://www.amnestyinternational.be/doc/article10175.html

18:42 Écrit par Joseph NDWANIYE dans Articles de presse | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

Rendez-vous à Tripoli

J’ai marché au Burkina J’ai marché au Fasso
J’ai marché au gros rouge J’ai marché au grand soir
J’ai marché au boléro J’ai marché au fado
J’ai marché au Jihad J’ai marché au piccolo
J’ai marché au Paradis J’ai marché à Denfert-Rocherau

J’ai mal aux pieds, à mes six pieds de long
Aux six pieds sous terre
Au cimier des cimeterres
À la cime des cimetières
Soldat juste assez connu
Pour être un casque de plus
Cible offerte par l’Onu
Bible ouverte et toute nue
Coran jeté en l’air : Dieu décide
Des courants d’air et des déicides…
J’ai mal aux rêves, mal à toi
J’ai mal aux pieds, mal aux doigts
Ses pieds froids au bout du gisant,
Une fiancée me dit : « je t’aime ».
Des livres me disent bien pensant :
Je suis un homme fleuri post-mortem…

J’ai marché au Darfour J’ai marché à la coco
J’ai marché à l’idéal, J’ai marché au diesel
J’ai marché écolo J’ai marché sur le ciboulot
J’ai marché dans la rade J’ai marché au gigolo
J’ai marché en enfer J’ai marché partout sur la terre

J’ai des cors aux pieds, à force de marcher
Fantassin de l’idéal, troufion des bonheurs
Seconde classe qui amène la vapeur
Tant rêvé debout que je manque de sommeil
Tant crevé debout que je manque de soleil
Mon corps à vos pieds, je ne vais plus marcher
Dans les combines à six coups
Les golfs à dix-huit trous
Les opéras de quat’ sous
Et les « je dirige pour vous »
Mime offert à vos beaux discours
Rime à vos confessions de non-amour
Je suis un homme fleuri post-mortem…


Je ne marche plus..je suis là. Debout. Oui, c’est toi : comment tu vas ? Oui, moi aussi : c’est des fleurs, t’en as aussi… C’est bien – tu vois — de ne plus marcher dans ce vent, là debout devant le monument, le monument à tous ces morts..
Tu sais bien que pour nous, tous les soldats sont trop connus…on a suivi un homme..on suit un Ghandi, un Luther King, une Daw Aung San Suu Kyi, dont le nom même est une chanson…On les suit, on les suit, parce qu’avec eux, ça marche pas, rien ne marche, surtout pas les fantassins…on suit des humains fleuris post-mortem, …

Nous, maintenant, qu’on ne marche pas
On a un corps avec deux mains au bout
Fantassin de l’amour quand il a deux seins
Tant aimés que le matin nous fait sommeil
Tant gravés debout par le canif du réveil
Avec nos corps à leurs pieds, sans avoir à marcher
Un homme vaut plus que six coups
Une tombe, un golf à dix-huit trous
Un opéra en chocolat et de la vie dessous
Rien ne nous dirige que l’entre-nous
Frimousse ouverte par les refrains d’amours
Prima vera vivra pour tous les printemps d’un jour
Nous sommes des hommes fleuris dans le pré-mortem

Babel 2007

Écrit par : Babel | 13/03/2007

Salut Joseph,
Ton livre me permet de te retrouver, enfin! Si jamais t'a ce message n'hésite pas à me contacter via mon mail.

Écrit par : Gakuba Gaby | 18/11/2010

Bravo pour votre super produit, assez complet et limpides, interminable vie à votre blogging.

Écrit par : pronostics france honduras | 15/06/2014

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