12/03/2007

"En Marche" Journal de la Mutualité Chrétienne

“La promesse faite à ma sœur”


Entre récit autobiographique et histoire romancée, Joseph Ndwaniye nous emmène dans la société rwandaise, celle qu’il a connu quand il était enfant et celle qu’il ne reconnaît plus depuis qu’il a posé ses valises en Belgique il y a vingt ans, et surtout depuis que le génocide a dévasté son pays. Un roman émouvant, sensible. Une magnifique quête de soi.


Dis papa, quand tu seras au Rwanda, écris-moi tout ce que tu vois». Le premier roman de Joseph Ndwaniye est né des cahiers d’écolier que ce jeune papa, infirmier à l’hôpital St-Luc et passionné par la langue française, a rempli pour raconter à sa fille aînée le séjour au pays de son enfance qu’il a effectué en 2003.
«Il n’était pas question à ce moment-là de publier un livre mais de partager mes impressions et mon histoire avec ma femme et mes enfants. L’envie de publier est venue par la suite et j’ai dès lors beaucoup retravaillé le texte en le romançant», explique l’auteur.
«La promesse faite à ma sœur» est donc un roman où l’autobiographie se mélange subtilement au récit imaginaire et où la réalité rejoint la fiction, celle-ci ayant dépassé tout ce qu’on pouvait imaginer. «Je ressemble beaucoup au personnage de Jean et je crois que les Rwandais pourront retrouver une partie de leur parcours de vie et de leur pays dans mon récit. Je parle de mon enfance, de ma famille, de mes collines. Je décris ce qui s’est passé au Rwanda, la manière dont les survivants au génocide l’ont vécu, comment des gens ont été emprisonnés pendant des années sur base de simples dénonciations, comment aussi le pays a changé: les paysages, les gens, les mentalités… au point que je m’y sens maintenant un étranger...»
Le roman de Joseph Ndwaniye n’est pas politique. Son propos n’est pas de débattre sur le génocide mais de raconter et de laisser s’exprimer des sentiments, des impressions, sans sensationnalisme ni sensiblerie, dans un style sobre et direct. Comme par exemple la détresse de la mère de Jean qui a vu en même temps sa fille assassinée et son premier fils accusé de génocide. Ou encore les sentiments d’impuissance et de culpabilité qui envahissent Jean lorsqu’il se souvient des premières images du génocide vues à la télévision à Bruxelles. «En même temps, on s’en voulait d’être ici à ne pas pouvoir protéger les nôtres et on se disait qu’on avait de la chance de ne pas y être. C’est terrible».
Aujourd’hui, dans une même quête, un même voyage, une même rencontre imaginaire avec leurs ancêtres disparus, Joseph et Jean, comme beaucoup d’autres, essaient de comprendre le passé pour pouvoir l’expliquer à leurs enfants et continuer à bâtir leur vie sur la paix et la non-violence. «La promesse faite à leur sœur», en quelque sorte…


JD

15 février 2007


http://www.enmarche.be/Culture/Livres/Promesse_soeur.htm

18:37 Écrit par Joseph NDWANIYE dans Articles de presse | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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